Johnny Clash

Après un concert mémorable des Ramones au CBGB’s, plein de jeunes pousses anglaises ont eu l’idée de prendre les guitares. Et voilà que surgissent les Sex Pistols, Blondie et Clash donc. Alors déjà, petite mise au point : on ne dit pas The Clash (contrairement à The Pixies), on ne dit pas Les Clash, on dit Clash. Merci de ne pas être trop approximatif !

Clash est un groupe quintessentiel pour le punk anglais. Tout au long de sa carrière, le groupe se cantonne aux chansons en 3 accords, guitare-basse-batterie, one-two-three-four et poum-tatapoum. Pas là pour faire dans le finaud. Pas là pour faire de la “World Music”. Et surtout, surtout, pas là pour faire découvrir le reggae aux blancs-becs qui essayent de se faire pousser des dreads en se salissant les cheveux avec de la farine et des oeufs en écoutant Bob Marley et en fumant de l’herbe. Que ce soit London’s Boring ou Should I Stray Or Should I Tow, Clash fait un joli pied-de-nez à tous les amateurs de métissage musical.

À l’origine du groupe, on retrouve Joe Summer, jeune homme de bonne famille, père diplomate. Pas le genre à verser dans la rébellion. Joe compose, chante et joue de la guitare. À ses côtés, il embauche Michael (dit Mick) Jones, qui s’épanouira plus tard avec le Français préféré des Français. Mick compose, chante et joue de la guitare. Avouons que deux mecs qui font la même chose dans un groupe, ce n’est pas très punk tout de même ! Pour compléter le trio, Paul Simenon, reconverti bassiste après avoir enchaîné les succès littéraires avec les aventures du commissaire Maigret. Celui-ci compose aussi un peu (The Guns of Brighton, c’est lui !), mais se cantonne surtout à son rôle de troisième larron. Il y aurait d’autres membres originels, notamment un batteur, mais avouons-le, on ne se souvient plus des noms.

Le premier album de Clash, sobrement intitulé Eponym, est un vrai brulot punk. White Riot, London’s Boring donc ou encore I Fought The Law (piquée à Cloclo, comme d’habitude) sont autant d’appels à l’insurrection. Mais en ces années de Thatchérisme triomphant, la jeunesse amorphe répondra qu’elle n’a pas de futur et que donc, elle ne voit pas pourquoi elle quitterait le confort douillet du foyer parental pour aller manifester.

Qu’à cela ne tienne ! Clash va carrément endisquer un double album. Son deuxième album, London’s Coming, contient près de 20 titres, tous plus punks les uns que les autres : Jimmy Jazz, Spanish Bomb ou encore Wrong ‘Em Boyo reprennent l’antienne punk “couplet-refrain-couplet-refrain-refrain en moins de 2 minutes” désormais éprouvée. Cela dit, malgré son manque criant de diversité, l’album séduit. Tant et si bien que le King, Elvis Presley, s’inspira de la pochette de London’s Coming au moment de la sortie de son premier album. Excusez du peu !

Cependant, rapidement, Clash tourne en rond. Et le public n’est plus au rendez-vous. Après la séparation du groupe, chaque membre suit sa route. Joe Summer traversera l’Atlantique pour faire de la musique mexicaine avec The Mariachis. Mick Jones endisquera Je Te Donne avec Jean-Jacques donc, avant d’aider les Arctic Monkeys à l’enregistrement de leur premier album. Quant à Paul Simenon, il a joué de le basse pour Gorillaz, le side project du chanteur de Pulp.

Pour finir, rappelons la mort soudaine et malheureuse de Joe en 2002. Rien de tel qu’un dernier hommage et ce sont les Undertones qui s’y sont collés.